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Le Rouge et le noir, Stendhal




Une nouvelle contribution amicale de Candy pour le blog sur un classique du XIXème siècle - siècle d'or pour le genre du roman - Le Rouge et le noir de Stendhal. Merci à elle !

Cela faisait un sacré bout de temps que je voulais lire Le Rouge et le Noir de Stendhal, mais jamais je n’avais réussi, il y a des livres et des personnages à côté desquels on passe, que l’on connaît, mais finalement, pas tant que ça.


Henri Beyle, dit Stendhal (1783-1842)

Aussi, l’occasion était trop belle de se plonger dans cette histoire, parcou(lue) sur la liseuse numérique ! Romanesque, l’histoire de Julien Sorel est, dès les premières pages, l’histoire d’une défaite courue d’avance, parce qu’au XIXème siècle, les statuts et les origines sociales comptent plus que tout. Parce que né d’un père charpentier, éduqué dans un univers paysan, Julien Sorel n’a aucune chance de s’en sortir. Mais voilà, il se refuse à ce conditionnement, et veut se donner à voir, vivre une vie de réussite et de gloire, à l’image de son idole qui le suivra jusqu’à la fin : Napoléon. Le paradoxe étant qu’il rejette cette société de paillettes comme il le pense dans une soirée entre « grands » : « mais qui peut comprendre, excepté moi, la laideur de ce qui m'environne ? ».


Un roman du XIXè (1831) dans le domaine public depuis 1912 (70 ans après la mort de l'auteur)

 
Julien Sorel, rejetant et admirant à la fois la société des « grands », commence donc par être instructeur auprès des enfants de M. de Rênal, alors maire de Verrières, qui cherche à montrer au village son pouvoir. Julien Sorel sait qu’il est un de ces signes extérieurs de richesse. Il accepte quand même et rencontre Mme de Rênal, qui va tomber amoureuse de lui. Julien Sorel profite de cette infidélité et malgré ses sentiments, décide de partir vers la gloire qu’il attend depuis longtemps, en montant à Paris : « Chacun pour soi dans ce désert d'égoïsme qu'on appelle la vie ».

De rencontres en hasards, il devient le secrétaire du Marquis de La Mole, véritable ascenseur social pour Julien. Mais il tombera amoureux de la fille Camille, et après un jeu de séduction aussi malicieux que romantique, Camille finit par succomber au charme de Julien qui deviendra officier militaire – rêve suprême - grâce à papa le Marquis, répondant à la demande voire au chantage de sa fille. Mais cet itinéraire planifié va se trouver perturbé par des sentiments, des vrais.

Une lecture numérique d'un classique de la littérature française


Vengeance ou destin tragique ? Le ton est imposé par un narrateur dont le point de vue oscille entre interne et externe : donner la parole à ses personnages ou rester en retrait, pour laisser le lecteur à son opinion, se poser des questions sur cette jeunesse troublée. Ce roman est marqué par un réalisme historique éloquent mais j’ai été marquée par une scène à la tonalité romantique : une scène incroyable de solitude au sommet d’une montagne. Julien y met en balance son choix de rester ou de partir, de vivre un amour infidèle ou de mener à bien ses ambitions militaires et sociales : « La tête appuyée sur ses deux mains, Julien resta dans cette grotte plus heureux qu’il ne l’avait été de la vie, agité par des rêveries et par son bonheur de liberté. Sans y songer il vit s’éteindre, l’un après l’autre, tous les rayons du crépuscule. Au milieu de cette obscurité immense, son âme s’égarait dans la contemplation de ce qu’il s’imaginait rencontrer un jour à Paris ».


Le Rouge et le noir : un roman réaliste, historique, psychologique... et romantique.

Un roman flamboyant d’émotions donc, de sentiments mais aussi de colères, de trahison, d’hésitations. Le rouge de la passion contre le noir de la tristesse et des ténèbres. Julien est cet individu que l’on est tous, seul, vivant dans une société où le rang social reste encore important, et dans laquelle pourtant il nous faut bien vivre et nous trouver.

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