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La Vie sexuelle des super-héros, Marco Mancassola


En ouvrant ce roman, vous allez être happé par le vaste univers des super-héros, je vous le promets ! Marco Mancassola y téléporte son lecteur dans les années 2000 à New-York, aux côtés de Mister Fantastic, de Batman, de Mystique et du vieux Superman. Les super-héros de la grande époque ont vieilli, ils sont devenus des hommes d’affaires ou des présentateurs vedettes à la télévision. Ils ont bel et bien une vie sexuelle, un peu particulière certes, et sont même sujets aux peines de cœur. Ils ont raccroché et pourtant ils sont en danger, traqués par une mystérieuse organisation qui entend les éliminer définitivement. Un inspecteur de police va mener son enquête…

Superman et Batman sont apparus dans les années 40 dans les comic books américains diffusés en feuilletons en kiosque. Depuis les origines, ils ont évolué au grès des contextes historiques et de l’influence des auteurs. Le manichéisme américain des années de guerre s’est nuancé, le monde s’est complexifié, on y calque moins facilement les concepts de bien et de mal. Et comme me l’expliquait le libraire de la bouquinerie Souvenirs d’enfance* qui vend de vieux comics, le coté obscur de certains super-héros est apparu petit à petit. C’est dans cette veine que se situe le roman de Mancassola : il se saisit de cette profondeur psychologique suggérée dans les comics pour la sonder et donner à ses personnages une vraie épaisseur romanesque.
Les comics des super-héros du roman
Car on a ici un surprenant mélange des genres : histoire d’amour, polar urbain et super-héros (leurs super-pouvoirs sont toujours actifs !). Dans la première partie, Mister Fantastic tombe amoureux fou d’une jeune femme qui ne cesse de lui échapper. Batman est devenu un sexagénaire orgueilleux et libertin. Quant-à Mystique, la femme au corps changeant « qui n’acceptait pas de se mêler aux autres corps », une vraie rencontre surgit pourtant dans sa vie. Mancassola nous livre des scènes de super-sexe étonnantes ! Mais il y introduit aussi la passion, le désordre, l’excès, des éléments de réalités qui rendent ces figures mythiques plus humaines.
Ce que décrit aussi l’auteur à travers ces super-héros en difficulté, c’est  le désenchantement d’une époque. Les figures mythiques du justicier et de l’ange-gardien n’ont plus vraiment de raison d’être : le pire, c’est-à-dire le 11 septembre, n’a pu être évité, les avancées technologiques ont permis à l’homme d’aller explorer l’espace… La réalité a rejoint la fiction. Un sentiment de désillusion affleure à la surface du roman, incarné par le personnage du flic De Villa, romantique et solitaire. Et puis il y a cette évocation crépusculaire et vibrante de New-York, ce décor splendide posé par un auteur italien, la magie de la littérature... 
Premier comic book consacré exclusivement à Batman, disponible sur le site de Comixology

Personnellement, je n’ai pas pu m’empêcher de chercher des comics des super-héros du roman ! Pour ceux que ça intéresserait, voici quelques infos sur les différents canaux de diffusion : en imprimé, on retrouve les super-héros d’antan au kiosque dans les fameux comics historiques vendus environ 5 € (Marvel chez Panini Comics, DC Comics chez Urban Comics). En librairie les collections et les formats sont nombreux, allez faire un tour, vous jugerez par vous-même. En bouquinerie, on trouve d’anciens numéros pour les curieux et les collectionneurs.
Du côté du numérique, sur les plateformes d’achat de BD (Izneo, AveComics) on trouve des comics, mais pas ceux des éditeurs historiques. Du coup, comme les « pirates » ont horreur du vide, on trouve les versions numériques françaises sur leurs sites. En offre numérique légale, il reste le site américain Comixology. J’y ai donc acheté pour 1,99 $ en streaming (lecture en ligne) le n°1 de Batman, datant de 1940. Satisfaite donc, mais la recherche a été un peu laborieuse, et la lecture se fait en anglais. Ah ! J’allais oublier, sur le web, il faut aller voir les motion comics (ou « BD vidéos »), ces BD animées parfois vraiment très belles.  

Et maintenant, vous vous demandez peut-être où trouver La Vie sexuelle des super-héros de Mancassola ? Réponse gagnante : dans la librairie de votre quartier ! Il y est disponible en grand format et dés la fin du mois en poche. De mon côté je l’ai trouvé à la bibliothèque de l’Alcazar. Il existe aussi une version numérique, un peu moins chère donc. Il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses comme vous le constatez, alors quelque soit le support choisi, bonne lecture !
*Librairie Souvenirs d’enfance, 139 bvd de la libération, 13001 Marseille

Commentaires

Anonyme a dit…
La noirceur et la nuance font donc leur apparition au fils des temps et c'est tant mieux : et bien oui, on peut enfin s'identifier à eux !! Moi aussi je veux être super héro, ou plutôt : moi aussi je suis un super héro !! merci Sophie, j'ai presque envie d'y croire....
Anonyme a dit…
Enfin en vrai, pour dire toute la vérité, rien que la vérité..je veux des super scènes de super-cul !
Anonyme a dit…
A la lecture de cet article sur la question de la vie sexuelle des super-héros, j'ai comme un lien qui se fait avec un autre livre, Journal d'un corps, de Daniel Pennac. Mise en perspective hasardeuse me dire-vous. Et bien à la lecture de ces deux livres, supers-heros ou pas, la découverte du corps comme lieu de désir reste une super découverte et une quête infinie..non ?!
Anonyme a dit…
en tout cas,cet article me donne envie d'acheter ce livre...j'ai trouvé ma prochaine lecture!!!
candy a dit…
En rapport avec le sujet, un petit lien fort intéressant sur la sous-culture geek, on apprend beaucoup sur les "super héros" qui ne font plus rêver grand monde aujourd'hui. http://www.youtube.com/watch?v=r6Yr87r1u-4
sophie a dit…
Merci pour le lien, le reportage est vraiment intéressant. Oui, la culture geek est maintenant synonyme de culture populaire. En ce qui concerne les super-héros, détrompe-toi, ils sont encore très populaires en réalité, notamment au cinéma...
candy a dit…
mmmmmmmmmmmmmm je vois plus un cinéma nostalgique, incapable de recréer l'idée du "héros", dépassé lui-même par la réalité, comme tu le dis bien dans ton post. Le dernier film "Avengers" en dit long sur le manque de création et d'inspiration. Le cinéma tend plutôt à peindre des fins du monde que personne ne peut sauver (2012, Le jour d'après etc)