Accéder au contenu principal

Lettres Type, sélection et présentation de Jean-Baptiste Levée

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un livre dont le sujet est la typographie, Lettres Type. Dans mon billet sur le musée de l’imprimerie de Nantes, je vous avais déjà parlé de typographie, dans un sens plus large que celui abordé par ce livre. Il s’agissait des techniques de composition et d’impression à partir de caractères en relief. Alors que le sujet de Lettres Type (type = caractère en anglais) est davantage lié à l’art de créer des caractères et de savoir les utiliser.

Lettres Type paru chez Ypsilon éditeur

Des exemples de création typographique actuelle

Paru chez Ypsilon éditeur dans la collection « Bibliothèque typographique », Jean-Baptiste Levée nous présente dans Lettres Type 37 caractères ou « familles typographiques » conçus par des designers graphiques/typographes pour des commandes passées par des clients (maison d’édition, compagnie aérienne, site d’actualités, restaurant, parc régional, magazine tv, etc.). Le livre fait état de la création actuelle en matière de polices de caractères dans un cadre économique vivant. Il a aussi un côté documentaire, puisqu’on nous montre les brouillons et essais des typographes. 

Un art lié à l'histoire du livre

L’intention première de Lettres Type n’est pas didactique, mais de fait, la présentation des caractères dans leur contexte nous permet d’essayer de comprendre l’adéquation entre la forme des lettres et leur usage, car la typographie est un art de la pertinence ! On y apprend aussi qu’il existe un marché de la typographie destiné à l’écran (webfont) et un autre destiné à l’imprimé. Ou encore que ce travail artisanal se base sur la transmission de styles plus anciens, qui sont adaptés et même rénovés (« restauration numérique ») pour créer de nouvelles familles de caractères plus actuelles. Et l’on comprend alors combien la typographie est liée à l’histoire du livre.

Quand l’écriture devient graphique

Je crois que ce qui me plaît dans cet art du dessin des lettres, c’est le pouvoir qu’il a de doubler les lettres d’un langage symbolique secondaire, et de les rendre plus significatives. La typographie dote l’écriture de tout un univers de références graphiques à mobiliser autour d’une idée, c’est pourquoi il s’agit d’un art si complexe. Et aussi je crois qu’elle tend vers quelque chose de complètement mystérieux : donner de la matière et du corps au langage écrit pour tenter de combler le fossé existant entre le mot et la chose qu’il désigne. La typographie ne fait pas qu’orner le mot, elle lui donne aussi le relief qui convient le mieux pour parler de la chose évoquée… En fait la typographie est poétique ! 

L’Esp@ce Biblio-Média : la caverne d'Ali Baba de l'Alcazar

J’ai emprunté Lettres Type à l’Esp@ce Biblio-Média au troisième étage de la bibliothèque de l’Alcazar, qui est une véritable caverne d’Ali Baba pour qui s’intéresse au livre en général. Je vous conseille d’aller y flâner, vous y trouverez beaucoup de livres sur le sujet passionnant de la typographie.


Commentaires

Anonyme a dit…
Ça a l'air passionnant effectivement ! Merci pour cette trouvaille !
Merci c'est gentil !

Articles les plus consultés du mois

Les Dimanches de Jean Dézert, Jean de la Ville de Mirmont

Oh l’élégant petit roman ! Mon goût pour la littérature contemporaine m’avait presque fait oublier le plaisir qu’on éprouve à se glisser dans un décor romanesque un peu suranné, comme celui créé par Jean de la Ville de Mirmont dans Les Dimanches de Jean Dézert, ce court roman dont l’action se passe au début du XXe siècle.

Les biblio-brouettes de la Belle de Mai

Ça faisait un moment que j’entendais parler de ces fameuses biblio-brouettes à la Belle de Mai, alors samedi dernier je suis allée rencontrer ceux du collectif Brouettes et Compagnie, installés place Cadenat pour proposer aux habitants du quartier un troc de livres.

Démonstration de reliure Bradel en photos

Allez, cette semaine, je vous emmène en Vendée, on va se mettre un peu au vert, parce que bon, Marseille l’été, c’est un peu é-tou-ffant, non ? Voici donc un petit reportage photo dans l’atelier de Lina, relieuse amateur passionnée par la reliure et la broderie. Elle m’a laissée suivre la réalisation de la reliure Bradel d’un livre : Lélia ou la vie de Georges Sand d’André Maurois édité en 1952 par Hachette, acheté en brocante, il avait effectivement bien besoin d’une petite restauration.












Pour Lina, la reliure a commencé lorsque son amie Colette lui a donné une vieille presse et les outils qui allaient avec, puis elle a pris des cours de reliure et s’est améliorée au fil des années, grâce aux conseils de sa prof, à ses livres et à sa créativité. Elle affirme que son savoir-faire évolue et qu’il lui reste beaucoup de choses à apprendre.







Lina a effectué sous mes yeux un Bradel. Il s’agit d’une technique de reliure particulière caractérisée par l’emboitage du livre dans son fond grâce a…